De la Graine aux Fourneaux à Lorris
Au cœur du Gâtinais, une nouvelle maraîchère fait vivre l’agriculture locale avec passion. De la Graine aux Fourneaux, l’exploitation d’Anaïs Rivoal Poher, qui s’est installée au lieu-dit les Fourneaux, à Lorris. Anaïs cultive des légumes de saison en agriculture biologique et contribue à dynamiser les circuits courts du territoire.

Un projet né d’une envie de liberté
L’idée de s’installer en maraîchage a germé dans l’esprit d’Anaïs en 2020. Non pas à cause de la crise sanitaire, mais surtout par envie de changer de rythme de vie. Après plusieurs années passées dans des bureaux, elle ressentait le besoin d’être plus indépendante, de gérer son temps différemment et de profiter davantage de ses enfants.
Pourtant, rien ne la destinait au départ à devenir maraîchère. Anaïs est diplômée en marketing et a d’abord travaillé dans ce domaine à Châteauneuf-sur-Loire. Elle rejoint ensuite les pépinières France Pilté à Bellegarde, un rosiériste reconnu. Pendant sept ans, elle y gère l’administration des ventes et la communication, participant notamment à la création du catalogue des rosiers produits sur place.
La suite de son parcours l’amène à Lorris, à l’AFOCG, une association qui accompagne les agriculteurs dans la gestion de leur entreprise. C’est là que se produit le déclic : au contact de nombreux porteurs de projets agricoles, l’idée de se lancer devient peu à peu une évidence.
Passionnée de jardinage et pleine d’idées, Anaïs décide finalement de franchir le pas.
Une installation semée d’obstacles
Après son arrivée à l’AFOCG en 2019, Anaïs entame une formation agricole : le BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole), qu’elle débute fin 2021. Elle envisage alors une installation en 2022 ou 2023.
Mais le chemin sera plus long que prévu. La principale difficulté concerne l’accès à l’eau : après un an et demi de démarches pour obtenir l’autorisation de creuser un forage sur la parcelle qu’elle avait achetée, le projet n’aboutit pas.
Elle trouve finalement une solution grâce à sa cousine, qui lui met à disposition des terres disposant d’un forage agricole. C’est ainsi qu’en juin 2025, Anaïs peut enfin lancer son activité.

Une ferme maraîchère en plein développement
Aujourd’hui, l’exploitation s’étend sur un peu plus d’un hectare. Les cultures sont encore en phase de développement :
- 700 m² de jardin en plein champ
- 1000 m² de serre
À terme, son objectif est d’occuper toute la parcelle avec environ 2000 m² de serres.
Son projet ne s’arrête pas là : elle envisage aussi la création d’un petit atelier de poules pondeuses en 2027, avec un premier lot d’environ 100 poules pour diversifier la production.
Des légumes de saison, cultivés en bio
Dès son installation, Anaïs a fait le choix de l’agriculture biologique, un mode de production qui correspond à ses valeurs. La collaboration avec sa cousine qui cultive en agriculture conventionnelle ses autres parcelles se passe très bien, chacun apprenant de l’autre.
Son objectif est de produire entre 35 et 40 variétés de légumes par an.
Parmi les légumes cultivés dès ses débuts, on retrouve : Salades (feuille de chêne,batavia)? tomates anciennes et tomates rondes, concombres, courgettes, haricots verts, blettes, épinards, poireaux et potimarron.
Avec le temps, Anaïs souhaite aussi sélectionner davantage ses variétés : anciennes, originales, colorées, tout en restant adaptées à la production maraîchère.
Une ferme vivante et tournée vers les circuits courts
L’activité a très bien démarré et la demande était déjà supérieure à la production. Une situation à la fois encourageante et frustrante pour Anaïs, qui reçoit néanmoins de très bons retours de la part des habitants.
Elle vend aujourd’hui ses légumes :
- sur le marché de Lorris,
- en vente directe à la ferme,
- à quelques restaurateurs locaux,
- et via des paniers de légumes hebdomadaires pour les particuliers.
Pour valoriser ses surplus, Anaïs travaille aussi avec Bocaux des Champs, une conserverie artisanale qui transforme ses légumes en soupes.
Un projet agricole et écologique
Au milieu des champs de maïs environnants, la parcelle d’Anaïs devient peu à peu un véritable oasis de biodiversité. Elle prévoit de créer une butte végétale autour du terrain afin d’y planter une haie composée notamment de petits fruits.
Parmi eux, un fruit encore peu connu : la camérise, une petite baie bleue issue du chèvrefeuille comestible.
Elle envisage aussi de planter des fraisiers autour des serres, pour diversifier encore la production.
Une aventure humaine
Pour l’instant, Anaïs gère seule son exploitation. Durant les périodes de forte activité, sa famille lui donne un coup de main. Elle espère recruter un saisonnier pendant environ 7 mois, d’avril à octobre, pour l’aider sur les travaux les plus importants et les grosses récoltes.
L’année 2025 était pour elle une année d’apprentissage sur le terrain. Entre les récoltes de haricots verts, les essais de cultures et les petits combats contre les altises qui s’attaquent aux choux, elle découvre chaque jour un peu plus son métier.
Mais une chose est certaine :
« Quand on persévère, ça ne peut que fonctionner. »
Et au vu de l’énergie qu’elle met dans son projet, on ne doute pas que les légumes d’Anaïs continueront longtemps à pousser dans les champs de Lorris.
